» (Coran 2:219). De même, le chef de la confédération de tribus à laquelle appartenait Mahomet était vraisemblablement chrétien[274]. أَجزاء [ajzā']) et celle en soixantièmes hizb (حِزْب [ḥizb], pl. Ainsi, pour Malik ben Anass (706-796), l'envoi des premiers Corans officiels date du gouverneur omeyyade Hajjaj ben Youssouf sous le califat d'Abd el-Malik[175]. Il semble pour moi qu'il existe un moyen de sortir de cette dichotomie, à savoir d'accepter que l'Arabie au moment de Mahomet faisait déjà partie du monde antique »[230]. Dis : « Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens ; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité ». L'Alcorano di Macometto : nel qual si contiene la dottrina, la vita, i costumi, et le leggi sue / tradotto nuovamente dall' Arabo in lingua Italiana. Il n'y a dans tout le Coran qu'un seul nom propre féminin : celui de Marie même si les auteurs musulmans donnent une identité à la femme de l'intendant pharaonique (Zulaykha) ou encore à la reine de Saba (Bilqîs)[42]. Pierre Larcher. Toujours selon lui, le codex de Sanaa, au-delà des changements orthographiques et lexicographiques, possède des variations dans l'ordre des sourates ou la découpe des versets qui rapproche davantage ce manuscrit des recensions alides (futurs chiites) que de la vulgate uthmanienne[155],[Note 29]. « se caractérise par son apparence élancée et l’inclinaison de certaines lettres vers la droite ». D'un autre côté, les rares femmes individuelles qui aient un rôle sont désignées par des périphrases comme « l'épouse d'Adam ». De même, les savants musulmans rapportent que l'Arabie préislamique était polythéiste. L'auteur cite deux versions, pourtant canoniques, des versets 21-22 de la sourate LXXXV : « Ceci est, au contraire, un Coran glorieux/ sur une Table préservée » / « Ceci est, au contraire, un Coran glorieux/ sur une Table préservée », la terminaison au cas indirect n'étant pas accepté partout. Gobillot Geneviève, « Le Coran, guide de lecture de la Bible et des textes apocryphes », Reuven Firestone, "The Qur’an and Judaism" dans "The Oxford Handbook of Qur'anic Studies", p.141, Rüdiger Braun and Hüseyin Çiçek (eds. Amir-Moezzi remarque que les premières inscriptions coraniques et l'invention des récits traditionnels renvoient vers la période des Marwanides. Ces récits mettent en valeur des éléments saillants d’une histoire supposée connue de l’auditoire. Cet ordre aurait été fixé dans la recension othmanienne selon la majorité des savants musulmans tandis que d'autres l'attribuent à Mahomet lui-même. Ces éléments prouvent, si ce n'est une rédaction récente, une canonisation tardive d'un corpus de texte par une autorité qui l'impose. Selon certains récits traditionnels, le calife Abū Bakr (r. 632-634) est le premier compilateur du Coran. Une pratique « légitimée par le Prophète » est la création de talismans contenant des formules coraniques[92]. Le texte a alors été rédigé sur des feuillets (sahifa). Concernant la rédaction du rasm, les chercheurs proposent différentes alternatives allant d’une durée de mise à l'écrit courte à partir de l'œuvre d'un seul auteur jusqu’à un travail rédactionnel collectif et tardif. Selon les traditions, elles sont limitées et ne toucheraient que 11 mots du. » et le « pourquoi ? Pour Déroche, le Coran est le plus ancien livre en arabe[238]. Ainsi le Coran s'efforce également de corriger les aspects problématiques des écritures antérieures comme l'affirmation selon laquelle Dieu ne se fatigue pas dans C. 50:38 qui corrige la suggestion de la Bible hébraïque selon laquelle Dieu a ressenti le besoin de se reposer après la Création (Exode 20:11, 31:17), ou le passage coranique 5:72-5 qui corrige le passage du Nouveau Testament qui a été compris comme étant la nature divine de Jésus (Col. 1:14-20)[436]. Depuis la découverte de très anciens fragments de Coran comme les manuscrits de Sana'a, François Déroche, directeur d'études à l'EPHE, section des sciences historiques et philologiques, écrit : « Au cours de la période qui va jusqu'à la réforme d'Ibn Mujâhid (IVe / Xe siècle), la rédaction à proprement parler est achevée, mais le texte reçoit le complément de ces différents signes qui le précisent progressivement et le fixent de mieux en mieux. Alors que les études coraniques avaient connu un arrêt depuis les années 1930, J. Wansbrough, de l'école hypercritique fait partie des auteurs qui, dans les années 1970, relancent les recherches sur les origines du Coran[284] S’appuyant entre autres sur le fait que le Coran n’est pas à la source du droit musulman jusqu’au IXe siècle, il rejette l’existence d’une vulgate othmanienne et fait du Coran une création d’une communauté musulmane déjà existante. Pour F. Deroche, « Depuis le xixe siècle, les linguistes qui ont analysé le texte ont pris leurs distances avec un point de vue dont le fondement est purement théologique ». Ces auteurs, comme Neuwirth, ont été fortement critiqués pour trop grande confiance dans le récit traditionnel[287]. Un même verset peut être interprété selon des modes d'interprétation variés. Selon les traditions, quelques-unes de ces copies anciennes existent encore aujourd’hui, telles le Coran d'Othman qui se trouve à Istanbul (Turquie), le manuscrit de Samarcande qui se trouve à Tachkent (Ouzbékistan) et une autre au British Museum de Londres. Selon l’historienne Silvia Naef qui enseigne l’histoire de la civilisation arabo-musulmane à l'Université de Genève, les premiers corans furent rédigés dans une écriture arabe sommaire (le hijâzî) et des divergences de lectures se sont manifestées[314],[Note 80]. Les problèmes de la liste d'Arthur Jeffery. », qui pour certains chercheurs seraient parfois des ajouts des éditeurs ou scribes[39], sont un procédé rhétorique de construction du Coran en contre-discours[40] et permettent d'accentuer l'origine divine de la phrase ainsi précédée, d'« asseoir l’autorité prophétique de l’allocutaire coranique » et de créer une performativité[41]. Pour Schwally, les listes des morts lors de cette bataille fournies par les traditions ne donnent que peu de nom de musulmans susceptibles de connaitre le Coran. Selon la tradition musulmane sunnite, un compagnon, Hudhayfah, remarque, sous le califat d'Othmân ibn Affân, troisième calife qui règne entre 644 et 656, différentes prononciations de certains mots du Coran selon l'origine des récitateurs[135]. Le principe de l'abrogation pose une difficulté théologique pour l'islam. Le lien entre cette doctrine et ces versets coraniques sont, en cela, tardifs[55]. The transmission of the Qur’an in the first centuries AH", recension, Comptes-Rendus des Séances de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Pisani Emmanuel, « Les lectures nouvelles du Coran et leurs implications théologiques. Plusieurs positions ont été défendues par des chercheurs. Les versets juridiques ou se voulant historiques sont compris comme une « réalité de l'ordre dans la voie spirituelle ». Flammarion, 2010. En vue de sa récitation, le Coran a été divisé en fractions de longueur identique. nécessaire]. ». De plus, les plus anciens théologiens ont été les premiers à avoir trouvé que certains mots ont une origine étrangère, comme Al Safii (m. 820) qui insista sur la langue arabe du Coran, stipulée par le texte lui-même. C'est à ce moment qu'éclate la controverse philosophico-théologique de la création du Coran[56]. De même, Chabbi a particulièrement étudié ces questions pour les personnages bibliques, comme Gabriel, le Gabriel coranique étant très éloigné du Gabriel des traditions musulmane[36] ou Ismaël qui a fait l’objet d’une construction postérieure au texte coranique[37]. L'Arabie préislamique est composée de royaumes puissants, de sociétés urbaines et lettrées[262]. Dans le Coran, ne se trouve que 35 noms de personnages humains en majorité bibliques : 6 personnages (Abu Lahab, Ahmed (identifié à Mahomet), Dhû-l-Qarnayn, Muhammad (Mahomet), Tubbaʿ et Zayd), 5 prophètes arabes (Hûd, Idris, Luqman, Sâlih et Shuʿayb) et 24 personnages bibliques[34]. Cette question des signes diacritiques est encore discutée par les théologiens musulmans vers l'an 1000[319]. par François Déroche[360], Mehdi Azaiez écrit : « Ce travail tend à démontrer la faiblesse des positions défendant l'idée d'une élaboration tardive du Coran. Pour Borrut, « ce passé primordial arabo-musulman se donne en effet à lire comme un récit composé a posteriori et visant à légitimer un pouvoir musulman confronté à ses propres divisions... »[171]. Les récits font du risque d'oubli du Coran à la suite de la mort de récitateurs lors de la bataille d'al-‘Aqrabā. Pour Mohyddin Yahia, cette relecture du Coran présente « plusieurs traits communs qui permettent de la qualifier de moderniste »[Note 36] […] Il est encore trop tôt pour juger si les résultats d'une pareille réinterprétation sont à la hauteur des ambitions affichées — relever victorieusement les défis et les dénis de la modernité à l'endroit d'une Écriture révélée »[193]. Déroche rattache le manuscrit de Birmingham à celui Parisino-petropolitanus qu'il date entre 650 et 675[373]. Selon l'un des récits d'Al-Bukhari, une fois la tâche achevée en 647, Othmân renvoie le manuscrit original à Hafsa et fait parvenir les copies aux différents points importants du territoire musulman[136]. (G. Dye, "Sourate 97". Les plus importantes invocations et justifications scientifiques de ce point de vue se trouvent dans le travail récent d'Angelika Neuwirth. Déroche cite plusieurs exemples de confusion, comme entre des formes verbales telle que « il écrit, tu écris, nous écrivons » ou dans la lecture de versets[Note 79],[311]. À l'inverse, pour Gilliot, à propos d'une référence aux textes d'Ephrem le Syrien, « c'est surtout la nouvelle compréhension et l’arrière-plan syriaque que Luxenberg donne […] qui frappera les esprits »[418]. L’étude des manuscrits permet de mieux connaître ces livres anciens, les traditions de copies et leur cheminement vers un modèle standardisé, « réellement reconnu qu’à partir du IXe siècle »[239]. La couche inférieure date du VIIe siècle tandis que la couche supérieure est datée du VIIIe siècle. Pour ceux qui sont conformes à la lettre, mais moins à l'esprit, Imbert explique : « Ces derniers formulent parfois des péricopes qui sont fort proches de versets mais totalement décontextualisés et sans rapport avec ce qu'ils sont dans le texte coranique »[103]. Certains exégètes affirment que ce verset est abrogé tandis que pour d'autres le passage ne concerne que les chrétiens et Juifs d'avant la révélation coranique. Arabe préislamique, arabe coranique, arabe classique: un continuum?. »[66]. » Pour Cuypers et Gobillot, « La meilleure manière d'envisager le Coran, pour y ajuster sa lecture, est sans doute de le considérer pour ce qu'il est en réalité : un lectionnaire liturgique, recueil de textes destinés à être lus au cours de la prière communautaire publique. Selon A.-L. de Prémare, cette version canonique fut « fabriquée » par Boukhari entre 850 et 870. François Déroche « Chapitre IV - La transmission du texte », dans, Mustafa Shah, "The Corpus of Qur’anic Readings (qirāʾāt): History, Synthesis, and Authentication" dans "The Oxford Handbook of Qur'anic Studies", p.198, 2020. Certaines caractéristiques linguistiques rapprochent la langue du Coran de celle de la poésie préislamique (rime, syntaxe, usages de formules...). Plusieurs explications ont été avancées par les savants musulmans, chacune posant des problèmes. Néanmoins, les récits sont souvent davantage liés aux récits post-bibliques (midrash...) qu'à la Bible elle-même. Les sources narratives historiques  sont pour la plupart postérieures au IXe siècle et majoritairement écrit hors de l'Arabie[171].